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Gerber Lucie

Doctorante en histoire et sociologie des sciences, EHESS

Formation doctorale Sciences, techniques, savoirs : histoire et société, Centre Alexandre Koyré, EHESS

Titulaire d'une bourse de thèse délivrée par la Fondation Plan Alzheimer (décembre 2011-novembre 2014)

Contact : lucie.gerber(at)ehess.fr

Thèse soutenue le 17 décembre 2016 : "Le laboratoire des esprits animaux. Expérimentation animale, production de savoirs et innovation thérapeutique dans les domaines de la dépression et de la maladie d’Alzheimer (1950-2010)"

à L'École des hautes études en sciences sociales

Jury

  • M. Jean-Paul Gaudillière, directeur de recherche Inserm Cermes3 et directeur d’'études cumulant EHESS (directeur de thèse) 
  • M. Vincent Barras, professeur, Université de Lausanne (rapporteur)
  • M. Volker Hess, professeur, Humboldt Universität, Berlin (rapporteur)
  • Mme Sophie Houdard, directrice de recherche CNRS Paris 10 (examinatrice)
  • Mme Ilana Löwy, directrice de recherche Inserm Cermes3 (examinatrice)

"Le laboratoire des esprits animaux" propose une histoire d’une aspiration scientifique, celle de se servir de l’animal expérimental pour introduire les problèmes de la psychiatrie et de la neurologie dans l’enceinte du laboratoire. Ce travail décrit et analyse les pratiques des acteurs des sciences du comportement, de la cognition et du cerveau dans le contexte de la recherche thérapeutique et médicale sur les maladies ou troubles qui atteignent le psychisme, depuis 1955 jusqu’au temps présent. Quelles sont les conditions historiques sous lesquelles l’expérimentation animale s’est développée et diversifiée au cours de la seconde moitié du XXe siècle ? Comment les expérimentateurs ont-ils développé des modèles animaux pour l’étude de phénomènes qui ont souvent pour réputation d’être spécifiquement humains ? Par quelles méthodes, et par quels procédés ? Au moyen de quels outils, appareillages et techniques ? Avec quels effets et conséquences pour le mode de constitution des objets sur lesquels travaillent les expérimentateurs, sur les orientations suivies par la recherche médicale et thérapeutique, sur le raisonnement et les catégories des spécialistes ? Ces questions sont abordées à partir de deux champs d’observation, la recherche sur la dépression, et celle sur la maladie d’Alzheimer, dans la perspective d'une histoire intégrée des sciences, des techniques et de la médecine.

A travers la littérature publiée, des archives industrielles, institutionnelles et personnelles de scientifiques, des entretiens d’histoire orale et des observations ethnographiques, ce travail décrit et analyse comment la pratique de l’expérimentation animale, entre modélisation de la thérapeutique et modélisation du fait pathologique, s’est développée de manière différentielle au cours de la seconde moitié du XXe siècle. A partir de la question épistémologique classique du rapport expérimental instauré entre les moyens instrumentaux et les objets de la recherche scientifique moderne, il montre le lien étroit qui s’est établi, suivant un double processus de « pharmaceuticalisation » et de « molécularisation », entre l’expérimentation animale et la manière dont nous concevons et étudions les troubles mentaux, cognitifs et du comportement.