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Harrous-Paicheler Geneviève

Sociologue, directrice de recherches CNRS

Thèmes de recherche

  • Gestion politique des risques sanitaires, de l'infection à VIH notamment
  • Mise en place de mesures préventives
  • Intervention des associations de malades
  • Recours aux expertises dans un contexte d'incertitude
  • Emergence de formes d'expertise profane

Recherches au Cermes3

Le développement de "forums hybrides" mettant en présence décideurs politiques, instances de régulation, administrations publiques, experts scientifiques et représentants des citoyens et des malades marque l'avènement d'une "démocratie sanitaire" dont il convient d'interroger la portée et de déterminer les limites. Simultanément, les risques deviennent à la fois omniprésents mais aussi malaisés à appréhender et à gérer dans la mesure où ils peuvent être très difficiles à évaluer, ce qui amène à la détermination controversée d'un principe de précaution. Le cas sur lequel portent mes recherches - la mise en place de la prophylaxie des accidents d'exposition sexuelle au VIH - est exemplaire dans la mesure où il se caractérise par un risque très difficile à évaluer, une décision politique précédant les expertises, des évaluations épidémiologiques mises en question d'une part du fait de "l'expertise intime" du malade, d'autre part confrontées à l'expérience clinique des praticiens. Il apparaît ainsi que le traitement des risques dépend largement de la vigueur des controverses auxquelles ils donnent lieu et que la balance bénéfices-risques peut passer au second plan du fait de l'application d'un principe de précaution déterminé par la pression et l'activation sociales. Les associations de malades jouent un rôle central dans la genèse et l'entretien de ces controverses.

Parcours de recherche

Mes recherches ont tout d'abord porté sur l'influence et le changement social. Ce qui m'a amenée à mettre l'accent sur le rôle des conflits dans l'activation sociale, perspective qui a orienté l'ensemble de mes recherches ultérieures. Je me suis ensuite intéressée aux processus de professionnalisation. Processus que j'ai envisagés de façon historique, en étudiant la façon dont la psychologie s'était développée aux Etats-Unis, au tournant du dix-neuvième siècle, par la conquête simultanée de positions universitaires, en lien avec la biologie, et de matchés professionnels liés à l'essor d'une société de masse. J'ai ensuite poursuivi l'étude des professions en travaillant, dans le cadre d'une recherche collective, sur l'évolution de la profession médicale en France. J'ai ensuite travaillé sur la gestion du risque de transmission du VIH, tout d'abord au plan individuel, en mettant en évidence les logiques qui leur étaient sous-jacentes. Cela m'a amené à m'intéresser à la gestion politique de la prévention du VIH, à travers l'analyse de la mise en place des campagnes de prévention en direction du grand public. La centralité des associations de lutte contre le sida dans ce processus démontre bien des glissements dans les territoires de l'expertise. Je poursuis actuellement l'analyse de l'action politique concernant les risques en m'appuyant sur un cas exemplaire car extrême du point de vue de l'incertitude du risque en jeu.

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