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Roux Alexandra

Doctorante en sociologie, EHESS 

Contact : aroux(at)ens-cachan.fr 

Titre de la thèse : La diffusion de la pilule contraceptive en France : socio-histoire d’une évidence

Sous la direction d'Ilana Löwy et de Nathalie Bajos (Inserm-Cesp)

Après plusieurs années de débats sur la légalisation de la contraception en France, qui se soldent par la loi Neuwirth de 1967, la pilule contraceptive connait une diffusion massive dans les années 1970-1980, et finit par occuper une place centrale dans la panoplie des moyens contraceptifs à la fin des années 1980. La centralité du recours à cette méthode, perceptible tant dans les pratiques contraceptives elles-mêmes que dans les discours des prescripteurs qui en font une méthode de première intention (alors que les autres méthodes sont souvent prescrites par défaut), interroge au regard des mises en causes médiatiques qu’elle a connues, ainsi que des systèmes contraceptifs des autres pays européens. En effet, à part l’Allemagne dont l’utilisation de la pilule est très répandue également, tous les autres pays européens connaissent des taux d’utilisation beaucoup plus faible de cette méthode, qui n’est qu’une option parmi d’autres dans l’éventail des pratiques contraceptives. En France, elle fait figure d’évidence pour les professionnel·le·s de santé lorsqu’ils recommandent une méthode à des personnes en demande de contraception.

Cette thèse interroge, dans une perspective socio-historique, la mise en place de cette évidence contraceptive qu’est la pilule, conduisant à confondre ce produit avec la contraception dans son ensemble.

Un premier axe d’analyse se centre notamment sur les prescripteurs et les experts en contraception, et l’évolution de leur profil socio-démographique des années 1960 aux années 2000. A partir d’entretiens biographiques avec des médecins actifs dans le champ contraceptifs ou identifiés à la contraception dans la sphère médiatique, complétés par des archives personnelles de certains de ces experts, il s’agit de comprendre la manière dont émerge cette croyance médicale que la pilule est la seule méthode valable et recommandable, et comment se met en place un consensus autour de cette croyance. Il s’agit également de s’interroger sur les canaux de transmission de cette croyance des experts au groupe des médecins dans son ensemble. Enfin, il s’agit de rendre compte de l’évolution des tensions entre diverses spécialités médicales, et comment ces divers acteurs ont pu favoriser la focalisation sur un contraceptif, la contraception orale.

Par ailleurs, cette thèse s’intéresse aux interactions entre différents types d’acteurs concourant à l’émergence de cette évidence. Ainsi, les liens entre médecins et industries sur la promotion de produits contraceptifs font l’objet de notre deuxième axe d’analyse. Au travers de nos entretiens, et grâce à l’analyse de publicités dans les revues médicales spécialisées, ainsi que de certains documents d’archives, nous étudions la manière dont l’industrie pharmaceutique peut façonner en partie les croyances médicales.

Enfin, un troisième axe d’analyse s’intéresse aux liens entre experts en contraception, médecins prescripteurs, et mouvements féministes, et comment les échanges ou tensions entre ces groupes ont contribué à façonner des représentations spécifiques de la pilule contraceptive, et les modalités d’accès aux différentes méthodes contraceptives. S’appuyant sur des fonds d’archives féministes, des entretiens avec des militant·e·s, et sur des travaux de recherche qui ont déjà largement exploré les liens entre mouvements féministes et revendication pour l’accès à la contraception, nous essaierons de montrer comment des acteurs aux intérêts divergents ont pu contribuer à faire émerger une même focalisation sur la pilule contraceptive.

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