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Nosaka Shiori

Doctorante en histoire des sciences et de la médecine, EHESS

Contact : shiori.nosaka(at)ehess.fr

Titre de la thèse : Le développement de la bactériologie au regard de la modernisation et de son nationalisme scientifique : laboratoire, armée et hygiène publique au Japon entre 1880-1931

Directeurs : Jean-Paul Gaudillière (Cermes3), Bernard Thomann (Inalco)

Résumé

Cette thèse vise à étudier le développement de la bactériologie dans un contexte de modernisation, d’industrialisation et de militarisation du Japon. Parce que cette science était en plein développement en Europe au cours du dernier tiers du XIXème siècle, elle semblait un terrain idéal pour illustrer la capacité du pays à s’approprier les nouvelles connaissances et à en faire des outils de construction d’une nation. Quels rôles a joué la bactériologie, à cet égard, dans les processus de la modernisation japonaise ? Comment son développement au Japon est-t-il associé à sa mobilisation dans les pratiques sanitaires, scientifiques et politiques ? 

La recherche de thèse sera mise en œuvre autour de trois axes d’analyse. Le premier axe porte sur l’évolution de différentes formes de savoir liés aux maladies infectieuses, qui sont manifestes tout au long de l’évolution de la bactériologie japonaise. À travers l’analyse des publications scientifiques et des documents d’archives, nous allons étudier les interactions et tentions entre bactériologistes, cliniciens, hygiénistes, épidémiologistes et médecins traditionnels, constituant la bactériologie comme une science appropriée à la modernisation du pays.

Le deuxième axe d’analyse se penche sur la manière de production et l’usage de savoir de la bactériologie. Cette thèse vise ainsi à retracer des actions menées par les contemporains, allant de la désinfection des objets à la campagne de la vaccination collective en passant par la création des laboratoires de bactériologie. L’idée est d’étudier l’ambivalence entre recherches médicales et interventions sanitaires.

Enfin, le troisième axe s’intéresse aux manières dont sont mobilisé les pratiques de bactériologie comme outil d’intervention dans les conflits et coopérations internationaux. Le contrôle des maladies infectieuses étant déterminant du sort des populations en temps de guerre et de paix, ainsi que durant l’expansion coloniale, la démonstration de son efficacité joua un rôle à la fois pragmatique et symbolique dans des mouvements internationaux. Nous envisageons donc, en suivant des parcours de chercheurs chargés du contrôle des maladies « venant de l’extérieur », d’explorer les interactions et contradictions qui se jouent entre nationalisme et internationalisme.