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Denis Félix

Doctorant en sociologie et histoire, EHESS

Formation doctorale « santé, populations et politiques sociales »

Contrat doctoral du CNRS de novembre 2017 à octobre 2020

Contact : felix.denis.bc(at)gmail.com

 

Titre provisoire de la thèse : « Pharmacologisation des performances cognitives : sociologie de l'étudiant au travail »

Sous la direction de Jean-Paul Gaudillière (Cermes3) et Sébastien Dalgalarrondo (Iris)

L’idée d’améliorer ses performances cognitives renvoie à la catégorie récente des nootropiques qui regroupe une hétérogénéité de substances absorbées pour les effets qu’elles auraient sur les fonctions du cerveau (mémoire, endurance psychique, stress, concentration, etc.). Certains de ces produits sont présentés comme des innovations biomédicales. A ce titre, on peut citer certains médicaments psychostimulants détournés de leur usage, qui sont prescrits : en cas de troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) (méthylphénidate), pour leurs effets sur le sommeil (modafinil) ou pour lutter contre le déficit cognitif (piracétam) ; ou encore des compléments alimentaires (Paneuromix ou Brain Plus IQ) constitués de plusieurs molécules.

Ma recherche est composée de trois enquêtes. Dans un premier volet, je questionne le sens que les individus donnent à leurs consommations, en réalisant des entretiens semi-directifs avec cette population, notamment les promoteurs de la catégorie de nootropique sur Internet (réalisation de vidéos sur YouTube ; articles sur des blogs ; sites internet, etc.). Je propose une sociologie compréhensive de la vie quotidienne, à partir des usages qui sont faits de ces substances et des catégories mobilisées par les acteurs, en m’intéressant au sens qu’ils leurs donnent et les représentations qu’ils ont des produits qu’ils utilisent.

Dans un autre volet, j’analyse le marché des compléments alimentaires en France. Je m’intéresse à la manière dont la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) vérifie que la réglementation en vigueur soit respectée. J’étudie également le travail de nutrivigilance réalisé par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), c’est-à-dire l’évaluation de la sévérité des effets indésirables, et l’imputabilité (probabilité d’un lien entre la consommation du produit et la survenue d’effets indésirables). Je réalise des entretiens avec des personnes qui travaillent dans ces différentes administrations.

Dans un dernier volet, je constitue la biographie du modafinil (Modiodal en France, Provigil aux États-Unis ou Alertec au Canada) qui est le médicament qui est le plus généralement mobilisé par les médias grand public ou sur les communautés virtuelles pour évoquer la catégorie. Il a été découvert dans les années 1970 par le laboratoire Lafon en France et fut testé sur des soldats français avant sa mise sur le marché en 1992. Je réalise cette biographie au moyen d’un travail archivistique pour retracer son histoire scientifique et commercial et ainsi comprendre comment il a contribué à façonner la catégorie de nootropique. Les archives sont celles du laboratoire lyonnais du Dr Michel Jouvet dans lequel le modafinil a été testé sur des chats puis sur l’Homme. Je réalise également des entretiens avec des médecins ayant contribués à la commercialisation de cette molécule (mise en place de l’expérimentation animale et des essais cliniques, supervision des essais réalisés dans l’Armée, etc.).

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