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Surdité et langue des signes : analyseurs politiques, philosophiques et sociolinguistiques. IX. Mobilisations collectives des sourds : le Réveil Sourd

Andrea Benvenuto, maîtresse de conférences à l'EHESS (en cours de nomination) - Cet enseignant est référent pour cette UE
Marie Coutant, ingénieure d'études à l'EHESS
Alexis Karacostas, practicien hospitalier, psychiatre
Sylvain Kerbourc'h, centre d'études pour l'emploi (CEE)
Didier Séguillon, maître de conférences à l'Université Paris-Ouest Nanterre-La-Défense (Paris-X)

1er et 3e lundis du mois de 19 h à 21 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 3 novembre 2014 au 1er juin 2015. Pas de séance le 16 février

Ce séminaire s'inscrit dans le prolongement du programme de l'année dernière, consacré à l'étude des mobilisations collectives des sourds depuis leurs origines au XIXe siècle. Afin de faire émerger le moment et les conditions dans lesquelles les sourds sont devenus de véritables acteurs politiques des changements les concernant, nous avons étudié le mouvement des sourds dits « silencieux ». Ce mouvement, qui a pu revêtir des formes très variées (associations silencieuses de tous ordres, presse silencieuse, salons des artistes silencieux ou sport silencieux) fait suite au mouvement sourd des premières décennies du XIXe siècle instauré avec les banquets des sourds-muets et la création de la première association des sourds au monde. Nous avons abordé deux périodes. La première s'étend de la participation des artistes silencieux à l'Exposition Universelle de Paris de 1889 à l'ouverture du foyer des sourds et la tenue à Paris des premiers Jeux olympiques des sourds en 1924. La deuxième période (1924-1975) voit l'émergence de ce qu'il est convenu d'appeler le « Réveil Sourd ».

La suite du programme sera consacrée à l'étude du Réveil Sourd, mouvement né au milieu du XXe siècle en France dont le développement est tributaire des mobilisations des sourds nord-américains. Dans le monde anglo-saxon et avec la participation active des sourds, la langue, la culture et l'identité sourde sont devenues des objets d'études spécifiques et ont donné lieu à une production historiographique importante relevant de l'histoire des représentations, des institutions et de l'histoire culturelle, qui constitue ce qu'on appelle les Deaf Studies. En France, le sociologue Bernard Mottez, pionnier dans les travaux en ethnologie de la communication entre sourds et entendants et en sociolinguistique de la langue des signes, a contribué à la diffusion de ces approches à partir des années 1970. La diffusion de ses travaux a joué un rôle important dans le renouveau des études sur la langue des signes et l'éducation des sourds, renouveau qui s'explique aussi par les fortes mobilisations des sourds et, dans les années 1990, par les premières reconnaissances juridiques et la revalorisation de l'usage de la langue des signes dans l'éducation publique. La réapparition de la langue des signes dans la scolarité des enfants sourds, le développement artistique de la langue des signes sur les scènes du théâtre et du cinéma, la professionnalisation croissante des sourds grâce à des diplômes universitaires, le recentrement citoyen du mouvement sourd mais aussi le développement des aspects biomédicaux de la surdité (dépistage ultra-précoce de la surdité et implant cochléaire) configurent une nouvelle ère où les enjeux et les problématiques interpellent les sciences humaines et sociales et les incitent à élargir leurs approches théoriques et disciplinaires. S'ouvre ainsi un vaste chantier qui se poursuivra l'année prochaine et qui vise, au delà de la démarche historique, à interroger les formes contemporaines du politique dans une perspective distincte de celle de l'assignation des identités et de leurs formes d'objectivation institutionnalisée.

Langues du séminaire : LSF et français

Lundi 3 novembre 2014 : Introduction par les animateurs du séminaire.

Lundi 17 novembre 2014 : Autour du livre d'André Minguy, Le réveil Sourd en France. Pour une perspective bilingue. L'Harmattan, 2009. En présence de l'auteur.
Séance animée par Sylvain Kerbourc'h (Centre d'Études de l'Emploi (CEE), CADIS-EHESS)

Lundi 1er décembre 2014 : Les prémices du Réveil Sourd. La constitution d'un acteur collectif. Sylvain Kerbourc'h (Le Mouvement Sourd (1970-2006). De la Langue des Signes française à la reconnaissance sociale des sourds, L'Harmattan, 2012, 250 p.)
Séance animée par Didier Séguillon (Université Ouest-Nanterre-La Défense, GRHAPES-INSHEA)

Lundi 15 décembre 2014 : Enseigner aux élèves Sourds: de l'interdit au droit, Christian Deck (enseignant)
Séance animée par Véronique Geffroy (doctorante en Sciences du langage, Université Paris 8)

Séances suivantes en cours de confirmation

Mots-clés : Langue des signes, Mobilisation(s), Sourds,

Aires culturelles : Amérique du Nord, Europe, France,

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :
Histoire et civilisations
(Séminaire de recherche M1S1 M1S2 M2S3 M2S4)
Santé, populations, politiques sociales
(Séminaire de recherche M1S1 M1S2 M2S3 M2S4)
Domaine de l'affiche : Philosophie et épistémologie

Intitulés généraux :

Andrea Benvenuto - Les sourds dans la cité. Langue des signes, subjectivation et citoyenneté
Renseignements :

par courriel : Andrea.Benvenuto(at)ehess.fr ou Marie.Coutant(at)ehess.fr.

Direction de travaux d'étudiants :

sur rendez-vous uniquement.

Réception :

par courriel : Andrea.Benvenuto(at)ehess.fr.

Adresse(s) électronique(s) de contact : Andrea.Benvenuto(at)ehess.fr, Marie.Coutant(at)ehess.fr

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