Séminaire du Cermes3

Séance 5 : Datas

Le 19 avril 2017 de 14h à 17h 

Salle de réunion, Cermes3, 7 rue Guy Môquet, 94800 Villejuif

Séance 1 : Crises

14 décembre 2016 de 10h à 13h
Lieu : salle des thèses, 5ème étage, bâtiment Jacob, 45 rue des Saints Pères, 75006 Paris

Présentation

Le thème de la crise est devenu omniprésent dans différents domaines de la vie sociale, nombre de questions sont désormais formulées dans ce cadre (crise économique, crise environnementale, crise humanitaire, crise de la représentation politique, crise d’innovation…). La crise permanente est de ce fait un nouveau cadrage et un mode de gestion d’un ensemble des problèmes qui induit une prise en compte plus importante des questions économiques et renvoie à une série d’actions relevant de l’urgence, de la préparation et de l’adaptation. Dans le domaine de la santé, le thème de la crise est mobilisé pour qualifier des situations d’urgence dépassant le cadre normal (crise épidémique comme Ebola ou Zyka pour la période récente), des politiques relatives au système de santé et aux choix d’allocations des ressources (rationalisation, voir démantèlement des systèmes de protections sociales construits après guerre par exemple) ou pour caractériser une situation de blocage par différents acteurs concernés (crise de l’épidémiologie ou crise de l’innovation thérapeutique par exemple). Comment penser la question de la crise en sciences sociales, notamment dans les domaines liés aux questions de santé ? Un cadrage par le concept de « crise » est-il pertinent pour analyser les transformations contemporaines des mondes et des politiques de la santé (politiques publiques, choix budgétaires, recomposition des systèmes de protection sociale, de l’action internationale, émergence de nouvelles médecines) ?

Intervenants

Animation de la séance : Soraya Boudia (Cermes3) et Maurice Cassier (Cermes3)

 

Séance 2 : Mondialisation

Mercredi 11 janvier 2017 de 14h à 17h
Lieu : salle de réunion, Cermes3, 7 rue Guy Môquet, 94801 Villejuif Cedex 

Présentation

Le thème de la globalisation est au cœur d’un ensemble important de travaux dans différents champs des sciences sociales, avec de nombreux débats concernant les approches, les échelles, les processus de globalisation / transnationalisation. Le Cermes3 y contribue à travers des recherches sur la santé globale, les médicaments dans les pays émergents, ou encore la circulation des catégories nosologiques et des savoirs biomédicaux et non biomédicaux. Dans cette séance, nous examinerons la place donnée aux questions de la globalisation dans les travaux en sciences sociales de la santé, de la médecine et des sciences ; des forces et faiblesses au regard d’autres champs ainsi que de la question de l’articulation des échelles locales (micro) et des échelles globales, en passant par des échelles intermédiaires. Il s’agit d’un enjeu méthodologique et épistémologique transversal à de nombreux champs des sciences sociales. La séance s’intéressera également à l’articulation entre les travaux menés dans les suds et ceux dans les nords, avec par exemple, en lien avec le thème de la crise, une inversion de la perspective dominante dans l’étude de la mondialisation avec une exploration de la thématique des suds dans le nord (et non plus le nord dans le sud) autour de questions comme l’importation de modèles de gouvernements expérimentés d’abord dans les suds, l’essor des inégalités en lien avec les transformations des systèmes de santé, les migrations ou les médecines alternatives dans le nord.

Intervenants

Animation de la séance : Claire Beaudevin (Cermes3) et Laurent Pordié (Cermes3)

 

Séance 3 : Économie de la preuve 

1er février 2017 de 14h à 17h
Lieu : 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris 

Présentation

L’objet de cette séance est d’analyser plusieurs aspects imbriqués de ce que l’on pourrait appeler de manière générale « l’économie » ou « l'administration de la preuve », dans les débats et l’action publics en santé, ainsi que (de manière comparative) dans d’autres domaines de l’action publique.

Pour ce faire, nous proposons de revenir sur certains points cruciaux des modes légitimement admis de démonstration de l’existence d’un risque ou d’une efficacité thérapeutique, tels que le rôle de la quantification et de la commensuration, ou les conditions et modalités de l’expertise (entre quête « d’objectivité » et demandes de « participation »), en insistant sur les interrogations que soulèvent, dans ce contexte, les transformations récentes  de la bio-médecine et d’autres savoirs mobilisés dans le champ de la santé.

Parallèlement, nous aborderons également des questions ayant émergé plus récemment, telles que :

i) la valorisation dont fait désormais l’objet l’expérimentation randomisée, bien au delà du seul domaine de la santé — où le succès social de l’Evidence Based Medicine lui avait déjà assuré une forme de prééminence ;

ii) la manière dont intérêts organisés et jeux institutionnels contribuent à une forme de « production de l’ignorance » concernant certains types de risques sanitaires et environnementaux ;

iii) ou encore la question des effets que sont susceptibles de produire les chiffres, indicateurs, biomarqueurs, etc., censés décrire telle ou telle population "à risque", sur ces mêmes populations — que ce soit au plan individuel et/ou collectif. 

Intervenants

Animation de la séance : Luc Berlivet (Cermes3) et Marie Jauffret-Roustide (Cermes3)

 

Séance 4 : De la clinique au(x) soin(s) 

8 mars 2017 de 14h à 17h
Lieu : Salle de réunion, Cermes3, 7 rue Guy Môquet, 94801 Villejuif Cedex

Présentation

La question de la clinique est une question ancienne de la sociologie de la médecine, qui a porté à la fois sur les formes d’organisation du travail clinique, sur la relation « médecin-patient », sur les modes de production des connaissances médicales, sur les modes d’encadrement des pratiques… etc. Longtemps centrale dans les recherches menées au Cermes3, la question de la clinique a connu ces dernières années un certain nombre de déplacements. Ceux-ci sont liés notamment au développement d’une « médecine molécularisée » ou « personnalisée » (transformations de la médecine), mais aussi au développement de pratiques de soin et d’accompagnement dans les domaines du médico-social voire du social (associé à une multiplication des catégories de l’action publique : santé mentale, handicap, dépendance… ). Enfin, ils sont liés à l’évolution des approches de sciences sociales (STS, Ethic du care). Cette séance sera l’occasion d’interroger les conséquences de ces déplacements sur les formes du travail clinique dans ses différentes dimensions de soin et de production des connaissances mais aussi sur le glissement vers la notion de « care ». On s’intéressera à la « délocalisation » de certaines prises en charge médicale ou pratiques de soin dans des anciens ou nouveaux lieux (maisons de santé, établissements spécialisés…) qui articulent différemment les dimensions du « cure » et « care ». Concernant le développement des pratiques de soin et d’accompagnement, on s’intéressera aux nouvelles formes de clinique ou de « soin » qui s’y définissent. Plus largement, c’est la question de la manière dont les pratiques de soin transforment les patients, ou les usagers des services de soin et d’accompagnement, et la citoyenneté qui pourra être posée (notion de « biocitoyenneté / technocitoyenneté », mise en avant des droits fondamentaux). Il s’agira de réfléchir sur les liens entre régimes politiques, formes de citoyenneté et formes de soin.

Intervenants
  • Joanna Latimer, Chair in Sociology, Science & Technology, University of York
  • Stuart Hogarth, Lecturer in Sociology of Science and Technology, Sociology Department, University of Cambridge), http://www.sociology.cam.ac.uk/news/welcome-stuart-hogarth, Clinical work
  • Ilana Lowy, Directrice de recherche émérite Inserm, Cermes3, Retour sur les travaux menés au Cermes

Animation de la séance : Catherine Bourgain (Cermes3) et Myriam Winance (Cermes3)

 

Séance 5 : Datas

Le 19 avril 2017 de 14h à 17h
Lieu : salle de réunion, Cermes3, 7 rue Guy Môquet, 94801 Villejuif Cedex

Présentation

Depuis que les « données » ont accédé au statut nettement plus imposant de « data », au motif qu’elles sont désormais issues de capteurs biologiques et numériques et d’outils logiciels toujours plus nombreux, précis, puissants, et ubiquitaires, le « data-based » s’impose comme le socle de l’action bio-médicale (mais aussi psychologique, sociale, voire politique). Qu’elles soient « big », et soient supposées nous donner accès à des régularités insoupçonnées dans les populations, qu’elles quantifient le self, et nous donnent à voir les mécanismes les plus fins de l’individu, qu’elles forment la base des « evidences » qui disent le vrai et le faux de l’efficacité des thérapeutiques, les « data » semblent s’imposer comme un horizon indépassable des sciences et pratiques biomédicales.

Que font précisément ces « data » aux entités – produits, catégories, pratiques, identités – biomédicales ? Et qu’imposent-elles aux sciences sociales lorsque celles-ci cherchent à rendre compte de ces effets ? Cette séance propose une réflexion transversale sur ces enjeux à partir de travaux de chercheurs invités et du Cermes3 portant sur différents segments de la biomédecine : génomique, neurosciences, quantified self, médecine personnalisée, big data, objets connectés… Trois directions pourront être privilégiées :

i) épistémique. Dans quelle mesure les « data » façonnent-elles les façons d’aborder et de penser la nature des phénomènes et entités ? Comment  concourent-elles à la naturalisation du vivant, de la vie humaine ?

ii) méthodologique. L’analyse de la production et de l’usage des « data » pose de nombreux défis aux sciences sociales, de la difficulté à faire sens du formalisme mathématique mobilisé par les chercheurs à l’invisibilité du travail impliqué dans le maniement des données. Quelles pistes s’offrent aux chercheurs pour dépasser ces écueils ?

iii) politique. La marginalisation des sciences sociales dans les débats sur le vivant est probablement l’une des conséquences majeures de l’avènement des data. Quelles positions théoriques et méthodologiques, mais aussi morales et politiques la recherche en sciences sociales peut-elle adopter pour préserver un savoir sur l’humain qui ne peut se retrouver dans la seule détection de régularités statistiques dans des téra-octets de données atomiques ?

Intervenants

Animation de la séance : Xavier Briffault (Cermes3) et Nicolas Henckes (Cermes3)

 

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