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L’accompagnement du logement. Santé mentale et habitat entre action publique, pratiques et expériences

Journée d’étude organisée par Nicolas Henckes (CNRS-Cermes3) et la Fédération Santé Mentale France – Ile de France

23 mai 2019

EHESS, Amphithéâtre François Furet, 105 boulevard Raspail, Paris VIe

La santé mentale interroge aujourd’hui doublement les pratiques et les politiques de l’habitat. D’un côté, en renvoyant  vers le milieu ordinaire les trajectoires de maladie mentale, le déclin des hôpitaux psychiatriques a ouvert la question du logement adapté aux personnes souffrant de troubles psychiatriques graves. Le logement a ainsi été constitué en enjeu des pratiques soignantes, dans un mouvement qui questionne autant la nature et le sens du soin que les pratiques de l’habitat. L’idée que l’habitat puisse être « inclusif » traduit ainsi à la fois la perspective que des personnes se rétablissent en habitant et qu’il leur soit possible de développer des façons d’habiter qui dévient de certaines normes sociales. De l’autre côté certains logements paraissent en retour produire de la souffrance psychique  lorsqu’ils concentrent des populations dont les vulnérabilités – pauvreté, maladies chroniques ou grand âge – les rendent plus susceptibles de troubles mentaux. Les initiatives de politique de la ville ou sous l’impulsion des bailleurs sociaux pour repérer et accompagner les locataires en difficultés ont ainsi conduit à l’émergence d’un nouveau problème social au croisement des politiques de santé mentale et du logement.

Cette journée d’étude voudrait préciser les contours de ces différentes questions et plus largement interroger ce que fait la santé mentale au logement. Comment habite-t-on avec un trouble mental ? Comment penser le rôle des conditions de logement dans la santé mentale et la souffrance psychique des individus ? Jusqu’à quel point l’habitat peut-il être effectivement l’objet et le moteur d’une action en santé mentale ? Quels enjeux ces questions soulèvent-elles pour l’action publique ? Précisément  cette journée cherchera à mettre en place une réflexion à partir de trois entrées :

  1. La construction de l’action publique au croisement du logement et de la santé mentale : Le logement de la souffrance psychique émerge aujourd’hui comme un enjeu transversal pour l’action publique au croisement des politiques de santé mentale et du logement, mobilisant des acteurs l’un et l’autre secteur sans s’inscrire pleinement dans l’un de ces deux champs. Les actions engagées s’appuient par ailleurs de façon déterminantes sur la mobilisation des acteurs locaux et intermédiaires – collectivités territoriales, associations et professionnels – dans des constructions qui mobilisent le registre de l’innovation. Jusqu’à quel point ces actions font-elles politique ? Comment apprécier la réponse qu’elles apportent tant aux besoins des populations qu’aux enjeux urbains ?
  2. Les pratiques professionnelles entre accompagnement et thérapie. Le champ de l’accompagnement dans le logement est devenu aujourd’hui un segment important des politiques du logement faisant se croiser professionnels issus de divers secteurs – santé mentale, intermédiation locative, conseillers en économie sociale, aides à domiciles, ergonomie. Comment ce champ de pratiques est-il structuré ? Jusqu’à quel point les philosophies, professions et divisions administratives organisent-elles effectivement le champ ? Comment s’organisent tant la division du travail entre intervenants que les filières d’accompagnement ?
  3. L’expérience de l’habiter. Plus profondément les situations de souffrance psychique dans le logement peuvent également servir de révélateur des logiques de l’habiter. Les difficultés rencontrées par les personnes renvoient en effet à des dimensions fondamentales de l’expérience d’habiter : possibilité d’investir l’espace qu’il soit privé à l’intérieur du logement ou public à l’échelle de la ville ou du quartier, capacité à accomplir certains gestes du quotidien, compétences nécessaires pour gérer un budget ou un bien. Comment les disciplines cliniques et des sciences sociales éclairent-elles ces expériences ?

Cette journée d’étude réunira autour de ces questions des acteurs et des chercheurs qui élaborerons chacun leur propre perspective. Organisée en coopération avec le groupe Ile de France de la Fédération Santé Mentale France elle prolonge le projet « Loger et soigner. Une sociologie d’un dispositif médico-social : les appartements accompagnés en santé mentale » coordonné par Nicolas Henckes (CNRS-Cermes3). Elle comportera deux temps :

La matinée sera consacrée à des échanges avec des professionnels et acteurs de la santé mentale et du logement sous la forme de deux tables rondes. Ces échanges viseront à faire émerger des témoignages d’acteurs et une réflexion sur les enjeux de l’accompagnement dans le logement tel qu’il est mis en œuvre aujourd’hui. L’après midi verra cinq sociologues rebondir sur ces échanges pour proposer une série de perspectives ancrées dans leurs travaux de recherche sur les enjeux du logement accompagné aujourd’hui.

Programme

Matinée

9h15-9h30. Accueil des participants et introduction. Clément Bonnet et Nicolas Henckes

9h30-10h50. Table ronde 1. Loger et soigner : quels enjeux pour les pratiques professionnels ? avec Catherine Boiteux (Psychiatre, CH Maison Blanche), Eric Merminod (Président Association Alve), Martine Frager Berlet (Unafam),

11h30-12h30. Table Ronde 2. Une politique du logement inclusif ? avec Marianne Auffret (Elue 14e arrondissement et conseillère technique à l’association Aurore), D. Ravel (chef de projet à l’AORIF), M. Frager Berlet (Unafam).

Après-midi

14h-14h15. Introduction : Pascale Dietrich-Ragon (Ined)

14h15-15h. Christian Laval (Un chez soi d’abord, Orspere) : Des pratiques professionnelles  à l’épreuve  du rétablissement: l’exemple du "un chez soi d'abord abord".

15h-15h45. Marcos Azevedo (Doctorant EHESS, Cermes3 et CEMS) : Lieux, milieux, espaces et territoires: enjeux socio-spatiaux du dispositif d'accompagnement à domicile des personnes handicapées psychiques en France

15h45-16h. Pause

16h-16h45. Mathias Seguin (Doctorant EHESP) : Rétablissement, auto-détermination, bien-être. Vers de nouvelles modalités d'action pour prévenir l'expulsion locative?

16h45-17h30. Claire Lévy-Vroelant (Professeur Université Paris 8, LAVUE) : Loger les vulnérables (Titre à confirmer)

17h30-18h. Conclusion

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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