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Soutenance de thèse : Anne Dezetter

C’est avec plaisir que nous annonçons la soutenance de thèse d’Anne Dezetter le jeudi 19 janvier 2012 à 14h, salle 110 - Centre des Cordeliers - 15, rue de l’Ecole de médecine. Paris.


Titre de la thèse :
Analyses épidémiologiques et socioéconomiques de la situation des psychothérapies en France, en vue de propositions sur les politiques de remboursement des psychothérapies


Composition du jury :

Pr. Viviane Kovess-Masféty (directeur de thèse)

Dr. Xavier Briffault (co-directeur de thèse)

Pr. Marie-Christine Hardy-Baylé, président

Pr. Pierre Lombrail, rapporteur

Pr. Marie-Ève Joël, rapporteur


Résumé

Les psychothérapies structurées sont des traitements des troubles de santé mentale recommandés par les guides de bonne pratique internationaux. Leur efficacité et leur impact positif sur la santé et la qualité de vie des patients, et par conséquent sur la diminution des coûts induits par les troubles de santé mentale, pour les régimes de santé et la société, ont été largement démontrés. Toutefois, actuellement, en France, les psychothérapies effectuées par les psychologues cliniciens exerçant en libéral, ne sont pas remboursées par les régimes de santé.

Les données nationales, issues de deux enquêtes, en population générale (Enquête Indicateurs de santé mentale dans 4 régions françaises 2005) et en population spécifique (Enquête Santé MGEN 2005) révèlent qu’entre 5% et 18% des français ont eu recours aux psychothérapies au cours de leur vie et entre 1,5% et 6% au cours des 12 derniers mois. Alors que plus de 40% des personnes souffrant de troubles de santé mentale ‘courants’ (troubles anxieux et dépression majeure) ont consommé des médicaments pour ces troubles, seulement 5% d’entre eux ont suivi une psychothérapie. La balance entre ces deux types de traitement s’avère donc fortement déséquilibrée.

Une psychothérapie sur deux est pratiquée par un psychiatre et une sur quatre par un psychologue. Les principales méthodes utilisées sont les psychothérapies dites de ‘soutien’ et d’inspiration psychanalytique, suivie par les thérapies cognitivo-comportementales. Elles sont majoritairement suivies en individuel, dans un cabinet privé. Près de 70% des psychothérapies s’effectuent sur moins de 11 séances et près de 30% sur plus de 30 séances. Elles sont le plus souvent suivies à partir de 35 ans, par les femmes, les personnes séparées, ayant une PCS et niveau d’études supérieures, vivant dans une région où l’offre de professionnels de santé mentale est élevée et par celles souffrant de troubles de santé mentale courants sévères et/ou comorbides. Le coût total d’une séance effectuée par un psychiatre ou un psychologue s’élève à 41€.

> L’évaluation financière de la prise en charge des psychothérapies, en France, s’est inspirée de la méthodologie du programme anglais Improving Access to Psychological Therapies 2005, qui s’appuie sur les recommandations de prises en charge cliniques éditées par le National Institute for Health and Clinical Excellence. > > Ce résumé ne présentera que l’une des douze simulations envisagées. > > Le coût total de la séance a été estimé à 41€, le taux de remboursement par le régime de santé obligatoire s’est basé sur celui des auxiliaires médicaux, de 60%. L‘estimation de la proportion de la population à traiter s’est basée sur le taux de patients de 18 à 75 ans souffrant de troubles de santé mentale courants chroniques et/ou sévères, utilisateurs de services pour un problème de santé mentale et qui devraient accepter le traitement (soit 30% des 7,6% des utilisateurs de services diagnostiqués). > > Pour le suivi moyen de 10 séances (troubles anxieux) à 18 séances (dépression majeure), le coût de la prise en charge psychothérapeutique annuelle s’élèverait à 514 millions d’euros, dont 308M€ pour le régime obligatoire, pour traiter 1,033 million de français, soit 2,3% de la population. > > L’estimation des coûts directs et indirects induits par les troubles de santé mentale courants et évitables après le suivi psychothérapeutique fait apparaître que pour 1€ investi dans le traitement psychothérapeutique, le ratio coût-bénéfice s’élèverait, selon la symptomatologie, entre 1,14€ et 1,95€ épargnés à la collectivité. > > Enfin, la France dispose des 14.300 psychothérapeutes nécessaires pour traiter cette population et habilités à effectuer des psychothérapies. > > Dans l’optique d’une prise en charge adéquate des patients, une collaboration interprofessionnelle entre médecins généralistes et professionnels de santé mentale, ainsi qu’une coopération entre psychiatres et psychologues cliniciens paraissent indispensables. Ces recommandations devraient être préalablement définies par un guide national de bonne pratique clinique.