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« Les Crises » des mondes de la santé et le coronavirus : projets et initiatives du Cermes3

Le sujet des « crises » et de leur coalescence est au cœur du nouveau projet scientifique du Cermes3 : nous rappelions en 2017 la manière dont les crises épidémiques Ebola et Zika qui venaient de se produire en 2014 et 2016 révélaient les états de crise structurelle des systèmes de santé en Afrique et en Amérique latine, issus du rationnement des dépenses publiques de santé. Nous relevions les situations d’effondrement des systèmes de santé en Europe du sud qui avaient suivi la crise de 2008, situations également marquées par l’expérimentation de pratiques alternatives communautaires ou municipales tandis que les inégalités de santé tendaient à s’accroître. Nous indiquions notre souci d’articuler des situations critiques « du registre de l’urgence et de la rupture momentanée, à celui des crises de structure de longue période, à l’instar de celle qui affecte le changement du régime de la protection sociale ou l’émergence de la question des risques sanitaires de l’innovation et de la santé environnementale ». Nous écrivions que ces « moments critiques » sont aussi des moments de jugement, des conjonctures institutionnelles fluides, qui convoquent la réflexivité, la discussion et l’élaboration d’alternatives et de choix quant à l’étendue respective de la propriété sociale et de la propriété privée, à l’organisation du système de santé et du travail de soin, au contenu des innovations ». 

La crise épidémique en train de se faire à l’échelle mondiale autour du coronavirus, actualise la crise de management de l’hôpital public, aiguise les difficultés des dispositifs de prise en charge des sujets vulnérables, exacerbe les inégalités sociales de travail, de santé et de genre et les discriminations sociales y compris celles ethno-raciales, rend visible les vulnérabilités de nos chaînes de production et d’approvisionnement des technologies et des produits de santé, gouvernées à l’excès par les logiques des marchés privés qui ont pu s’écarter des besoins de sécurité sanitaire des Etats. Dans le même temps, la crise est susceptible d’ouvrir de nouvelles options et propositions de solutions pour sanctuariser des activités hors marché, relocaliser des industries de santé, sinon des productions publiques, dégager de nouveaux types de fonds pour les services publics de santé, expérimenter de nouvelles organisations de travail de soin ou de nouveaux dispositifs et concepts de surveillance et de gouvernement des pandémies.

Dans ce contexte, le Cermes3 met en place plusieurs enquêtes collectives sur l’épidémie de coronavirus : « Santé, Travail, Genre, et inégalité dans l’épidémie française de SRAS-CoV2», déposé par une dizaine de chercheuses du laboratoire ; « Migrations chinoises de France face au Covid-19 : Émergence de nouvelles formes de solidarité en temps de crise » qui regroupe plusieurs membres du réseau de recherche MAF hébergé au laboratoire ; « Étude des impacts et adaptation face à la crise du Covid-19 » porté également par plusieurs chercheurs et chercheuses du laboratoire, en collaboration avec l’Adaptation Institute.

Simultanément, les travaux sur la géopolitique des médicaments dans les Suds, poursuivis depuis plusieurs années au laboratoire, sont actualisés par la crise pandémique actuelle, et donneront lieu à de nouvelles enquêtes et publications.

Notre laboratoire diffusera prochainement des notes courtes et documentées susceptibles d’éclairer certains aspects de la crise en cours, fondées sur nos compétences transversales en histoire, sociologie, anthropologie, sciences politiques, économie de la santé, sur une série de thèmes parmi lesquels : Géographie de la production, circulation et accessibilité des produits de santé ;  Modélisation et cinétique des épidémies ; Les transformations de la gestion des pandémies globales ; Sécurité sanitaire et libertés publiques ; Crise de l’hôpital, crise épidémique ; Confinement, sujets vulnérables, santé mentale.

Nous préparons également une conférence internationale et un programme de séminaires pour l’année à venir sur le thème de la coalescence des crises de l’innovation thérapeutique et de l’objectivité des savoirs, des institutions hospitalières, de la santé environnementale, des "migrants", etc.

    Motion adoptée par l'assemblée générale du Cermes3

    La majorité des personnels du laboratoire Cermes3 rappelle que le projet de réforme des retraites du gouvernement Philippe va, par l’instauration d’un système par points, entraîner une diminution généralisée du niveau des pensions. Ce système va en outre toucher avec une sévérité particulière les personnes ayant connu des périodes de chômage, de maladie, de précarité ou de temps partiel, des congés parentaux, ou qui ont commencé leur carrière tardivement - ce qui est souvent le cas pour les jeunes chercheur.e.s, avec le recul du nombre de recrutements par les Universités et le CNRS de la dernière décennie. Il est contraire aux principes de solidarité et de fraternité qui sous-tendent le système de pensions mis en place dans notre pays à la Libération. Il n’est par ailleurs aucunement imposé par l’état actuel des finances du système des retraites. Nous refusons cette réforme.

    Nous exprimons également notre inquiétude face aux projets concernant l'enseignement supérieur et la recherche (ESR), qui vont faire l'objet d'une loi dans les prochains mois (LPPR : loi de programmation pluri-annuelle de la recherche). Consulté, le Cermes3 avait fait le 12 avril 2019 une proposition demandant une programmation pluriannuelle de l'emploi public, l'augmentation de la dotation des laboratoires, une réaffectation d'une partie du Crédit impôt recherche, l'élargissement des partenariats (trop souvent cantonnés à l'industrie) au monde associatif, la conservation d'une articulation forte entre enseignement et recherche.

    Les propositions préparatoires à la LPPR vont dans le sens opposé : tenure-track, CDI de chantier, modulation des services et suppression du service de référence d’enseignement, généralisation des recours aux financements par appel à projets et compétition exacerbée... S'il était mis en œuvre, ce projet aboutirait à une précarisation de nombreux personnels de l’ESR et à une disparition des financements récurrents de la recherche.

    Pour toutes ces raisons, nous considérons que le projet de réforme des retraites n’est ni acceptable ni amendable, et que le projet de réforme de l’ESR qui se profile est très inquiétant. Nous nous inquiétons tout particulièrement de l’impact négatif de ces deux projets sur l’attractivité de la recherche et de l’enseignement supérieur public.

    Nous appelons aux actions suivantes :

    • Nous appelons à la grève, aux manifestations et à participer aux actions menées contre ces projets les 14-15 et 16 janvier prochain, en réfléchissant à supprimer les séminaires et les enseignements ou à les aménager pour informer les collègues et étudiant-es sur les réformes en cours.
    • Nous invitons les conseils de laboratoire, les facultés, composantes et différentes instances universitaires à se positionner clairement sur le projet de réforme et à soutenir les actions de mobilisation en cours.
    • Nous invitons à faire preuve d'imagination pour informer correctement le grand public français et proposons d'alerter nos partenaires internationaux - qui connaissent des conditions de travail similaires - en vue d'une mobilisation commune.

    Motion adoptée le 15 janvier 2020, par 53 voix sur 57 votants

    Centre de recherche, médecine, sciences, santé, santé mentale, société
    UMR CNRS 8211 - Unité Inserm 988 - EHESS - Université Paris Descartes
    7, rue Guy Môquet - BP 8 - 94801 Villejuif Cedex

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